Sculptures en fer soudé

La sculpture en fer.
C’est difficile d’aller voir un spécialiste pour dire « Voilà, je voudrais apprendre à souder pour faire ça ! » Le gars va me dire « Mais c’est complètement farfelu, ça ne se fait pas ! » C’est d’ailleurs ce qui m’a été répondu bien des fois. Alors je me suis payé un poste à souder, un marteau et une enclume et j’ai découvert, petit à petit, la technique. Je me suis perfectionné ensuite, en lisant, et j’ai appris à éliminer des gestes inutiles ou erronés. J’utilise le métal d’apport. Des tôles de un mètre sur un mètre que l’on trouve couramment dans le commerce.
Michel Anasse (cf. Nous, les garçons et les filles – N°49, juillet/août 1967)

Les "Caractères"

Cette période coupe en pleine dynamique Les Reliefs en tôle martelée, alors que par la suite la particularité de sa sculpture fut d’être évolutive. Reliefs aux constructions solides, aux compositions strictes, aux affirmations matures.

D’un coup, comme si le monde n’était pas aussi harmonieux qu’il le souhaitait, apparaissent Les Caractères.
Silhouettes insidieuses, vues de l’extérieur, comme tournant autour, attitude d’observation des comportements. Se créent alors des personnages, faits de montages anthropomorphiques, d’oiseaux, d’insectes et d’humains. Parfois équipés de pieds, ou simplement fichés en terre, protégés de cuirasses, définissant des comportements humains, pitoyables et cruels. On peut y voir sur de longues pattes d’échassiers, la fragilité, une carapace, l’inquiétude. Avec comme moyen d’expression, un bec, construit comme un diapason, vibrant, au rythme de ses agressivités. D’autres encore, aux ambivalences affectives et cruelles, Les Relations Humaines.

Tout en courbes sensuelles à l’extérieur, s’exprimant à l’intérieur par des membres acérés où, dans un désir de communication, les antagonismes se lacèrent. Des silhouettes fichées dans le sol, comme des graminées, passent de la germination à la cosse vide. Germination et dépérissement, mort ou naissance. L’artiste laisse chacun libre de ses angoisses métaphysiques. Et puis cet Embarquement pour Cythère… Cette période de solitude folle s’est désagrégée dans un éclatement des formes, perdant leurs supports, formulant leurs vides et menant aux Volumes Éclatés, période de maturation menant aux futures sculptures monumentales.

Archives Ateliers Anasse

Michel Anasse utilise principalement le procédé de la soudure Oxyacétylénique pour réaliser ses sculptures.

Le soudage autogène est un procédé de soudage à la flamme issu du mélange oxygène/acétylène.
L’alliance de ces deux gaz permet d’atteindre des températures élevées (3200°C) pour fusionner des aciers au carbone.

Le sculpteur édifie une structure en acier, la plupart du temps « forgée », puis assemble par fusion d’autres éléments découpés et martelés pour donner forme à son sujet.

Au fil des années, Michel Anasse a atteint une telle maîtrise de son outil qu’il parvient à donner vie et expression à chaque fragment de métal.

2014- Michel Anasse - Soudure, atelier vallée de l'Ubaye

"Les fers"