Michel Anasse utilise la technique ancestrale japonaise du Shou Sugi Ban ou Yakisugi. Une technique de brûlage sur bois qui consiste à augmenter sa résistance.
En 1956, lorsqu’il brûle plusieurs dizaines de stères de Pin pour alimenter son four à bois, il sélectionne déjà certaines branches qu’il travaillera lors des longues heures d’attente que nécessite une cuisson.
Certaines seront plongées dans l’alandier puis retirées avant leur combustion afin d’être sculptées à l’aide d’outils rudimentaires, d’autres, mises de coté et travaillées à l’occasion.
Durant plusieurs décennies, il alternera entre le four à bois et le chalumeau afin d’élaborer plusieurs séries, dont Les Rythmiques, qu’il travaillera par la suite sous différentes techniques et matières.
En 1991, à l’occasion de la naissance de son premier petit-fils, il débitera des arbres entiers pour confectionner à la tronçonneuse des jouets qu’il nommera « Les géants d’Enzo », dragons à roulettes, poissons à bascule et girafes totem en sont les thèmes principaux.
Des jouets qui ont envahi l’atelier et qui ont été dispersés autant dans la maison que dans le jardin.
C’est de cette manière que plusieurs enfants, lors de promenades, découvrent les jouets et réclament les mêmes. Ainsi, Michel Anasse propose aux villages de la vallée qui le souhaitent, de sculpter d’immenses jouets collectifs et de les installer dans les cours de récréations.
Suivrons par la suite plusieurs travaux dont la série des Segments à partir de 1993, des sculptures en Mélèze pouvant atteindre plusieurs tonnes, puis des fontaines mobiles en 1994.
C’est à cette période que Michel Anasse, le soir venu, lorsqu’il pose son crayon et son carnet à dessin, s’empresse de sculpter le bois sur un coin de table à l’aide d’un Opinel ou d’une gouge, réalise des figurines, des miniatures, des modèles réduits, étonnantes matrices de projets futurs.