la pierre - Sculptures monumentales

Commandes d'État (1%)

1981 - Groupe Sculpté Déambulatoire, 10 x 3,3 x 3 m - 65 tonnes de pierres travaillées - Lycée Georges Brassens, Bouc-Bel-Air (13).

Michel Anasse sculpte la pierre en alternance avec d’autres matériaux depuis plusieurs décennies.

C’est à la suite d’une commande d’État qu’il met en place le premier de ses deux plus gros chantiers qui débute en 1981 dans le Lubéron.
Une fois le contrat signé, il passe commande de 65 tonnes de roche d’Espeil, ce qui représente alors plus de 90 % du budget alloué.

Invité par les propriétaires à travailler directement dans la carrière à Lourmarin, il y séjourne plus de deux ans, faisant évoluer et modifiant à plusieurs reprises son projet initial.

Il se mesure à des blocs de 5 tonnes, les aborde à l’aide d’outils souvent rudimentaires, mais peu importe, il a devant lui les éléments qui lui permettent de réaliser un vieux rêve.

Dormant sur place dans sa fourgonnette avec ses outils, c’est dans un confort rudimentaire qu’il affronte et subit, de jour comme de nuit, des températures excessives, repoussant jusqu’à la limite ses capacités de travail.

Au terme d’une année, et sans qu’il en fasse la demande, plusieurs membres de la famille et des amis du couple le rejoignent sur le chantier.
Équipés d’outillage pneumatique bien plus performant, Michel et le groupe parviennent en quelques mois à rattraper un calendrier quel que peu retardé et à dégrossir certains blocs encore vierges de toute taille.

L’année suivante, à quelques mois de la livraison, Michel est insatisfait. Un soir, il redessine certaines sections et décide finalement de remanier entièrement l’élément principal, soit 20 tonnes de pierre…

1987 - Groupe Sculpté Déambulatoire, 14 x 6 x 4,5 m - 120 tonnes de pierres travaillées - Lycée technique, Digne-les-Bains (04).

« Le Jobastre », tel était le sobriquet, un brin moqueur, choisi par certains habitants de la vallée de l’Ubaye lorsqu’en 1987 Michel Anasse se fait livrer 120 tonnes de pierre chargées sur cinq semi-remorques.

Une fois de plus, il commence à travailler en plein air, équipé d’un outillage vieillissant et déjà bien dégradé par le grand chantier précédent. L’emplacement, contigu à la rivière et au chemin menant à la Frache, permet à chacun de suivre la progression du projet.

Durant plus de deux ans et demi, le voyant trimer 10 à 12 heures par jour, sans discontinuer, qu’il pleuve ou qu’il vente, par -10° ou +40°, l’esprit moqueur se transforme en curiosité, puis en respect.

À force de voir cet homme seul face à « sa » montagne de pierres, dessinant et sculptant des formes rappelant les cimes et les crêtes de « leurs » montagnes, il en devient attachant de part sa ténacité et son obstination.

Ce lieu singulier devient une attraction pour certains passants… Pour d’autres, il est aussi et surtout un lieu d’échange, où l’on vient converser avec Michel, et à l’occasion « taquiner du burin » ; un lieu où chacun, en fonction de son temps, de ses envies, vient participer avec son tracteur, ses bras, sa brouette ou sa boîte d’aquarelle.

Mais, c’est avant tout un chantier, où, l’air de rien, la taille de la sculpture et le volume de pierres ont été multipliés par deux en comparaison du projet de 1981.

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