En 1956, le plateau des Issarts représente une vaste garrigue de quelques dizaines d’hectares, dépourvue d’habitations.
Oliviers, tilleuls et quelques amandiers y ont été plantés depuis plusieurs générations par des Vallauriens ; Mr Lanza, le berger du village y fait paître ses moutons chaque jour.
Michel Anasse, lui, y dépose ses sculptures.
Au pied d’un arbre, plantés dans le sol ou accrochés aux branches, les « Caractères » demeurent dans cet environnement parfois plusieurs mois.
Tel un cimetière d’avions d’après-guerre, comme il a eu l’occasion d’en voir lors de ses heures de vol quelques années auparavant.
Dans les Alpes, ce sont les « Bibliothèques de l’autodidacte » qui, malgré leur poids et leur envergure, prennent place dans les pâturages. Servant d’abreuvoirs et de nichoirs, elles surprennent et questionnent aussi les randonneurs, invités à déchiffrer les écrits gravés dans le bois.
Les pierres, elles, disposées sur une route imaginaire, font office de bornage, jalonnant les étapes d’une vie.